Introduction :

Gonnehem, un village rural comme tant d'autres dans la France dite profonde sans la moindre trace de feux tricolores pour régler la circulation automobile. Un cimetière militaire britannique à l'entrée pour rappeler, si besoin était, le carnage d'une certaine guerre. Des maisons proprettes sagement alignées, la plupart construites en briques. Une église du XVI ème siècle dont les cloches vous rappellent l'heure en sonnant, à peu près juste et pour orchestrer le tout, une Harmonie Municipale La Joyeuse.


La Joyeuse de Gonnehem ou 92 ans de musique.

Oui, l'harmonie municipale La Joyeuse de Gonnehem n'est pas une toute jeune fille, ce serait plutôt une grand-mère qui se porte bien. En effet, elle a été créée au début du siècle dernier. Elle ne s'appelait pas La Joyeuse mais Fanfare de Busnettes.

Faute de documents sur la période de début, il faut recourir à la tradition, et elle a une certaine valeur. Tous ont connu Monsieur Pierre Taffin, le patriarche de l'harmonie, secrétaire et trésorier dévoué. C'est l'homme intègre, doué d’une grande mémoire concernant les choses du passé. Nous pouvons donc nous en rapporter à lui.

Chapitre 1 : la Fanfare de Busnettes.

La première société de musique de la commune est fondée au début du siècle dernier, au hameau de Busnettes. Les membres ont coutume de se retrouver à la ferme Gohier.  

Ce n'est pas quelque chose de structuré, comme cela le deviendra à compter de 1923.   

Sur la photo de l’époque, on constate un effectif de 22 musiciens, pas d’élément féminin, les femmes ne sont pas admises dans les sociétés. Pas d'uniforme, mais la casquette, élément identitaire et d'appartenance à un groupe, est déjà présente ainsi que la bannière avec l'inscription Fanfare de Busnettes, une lyre encadrée par deux rameaux d'olivier.

Cet emblème est repris au-dessus de la visière de la casquette.

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Peu de membres engagés dans la société connaissent la musique. Malgré cet excellent début survient la guerre 14-18 qui met un terme à cet essor. La période sera difficile pour la fanfare de Busnettes comme pour toutes les associations, le pays étant très strictement contrôlé par l'occupant allemand.

Après la guerre, l'activité musicale va cependant se relancer très vite et s’établir cette fois au chef-lieu de commune.

Chapitre 2 : Association La Joyeuse.

En décembre 1923 est créée à l'initiative de Paul Taffin de Lenglet une fanfare à Gonnehem. Depuis cette date, elle répond toujours présente dans les cérémonies et fêtes qui jalonnent l'histoire de la commune et des communes voisines.

Inscrite au registre des associations sur le numéro 1177, elle est déclarée à la sous-préfecture de Béthune le 03 janvier 1924 avec un statut d'association loi 1901 sous le nom de l'association La Joyeuse. Elle réunit au départ une simple troupe de jeunes trompettistes revenant du service militaire dont certains figurent sur la photo de la Fanfare du 281 ème R.A.L.T. au début des années 20.

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Une création n'est pas chose aisée, il faut trouver un local, former un comité directeur, engager un chef de musique, acheter des instruments, des partitions et former les musiciens. Paul Taffin de Lenglet forme les instrumentistes à son domicile. Il réussit ainsi à mettre sur pied une société dont l'activité à l'époque se limite au concert de ducasse et à la participation aux cérémonies officielles, car après la 1ère guerre, les manifestations patriotiques ont pris une ampleur impressionnante et les sociétés de musique y tiennent une place importante.

En 1924, une photo prise devant l'école primaire de Gonnehem permet de compter une trentaine de sociétaires tous équipés de la casquette, pas encore d'uniforme ni d'élément féminin. La bannière a changé, y figure l’inscription suivante : ‘’Fanfare la Joyeuse Gonnehem 1923’’.

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Malgré ce renouveau survientencore une fois la guerre qui stoppe de nouveau cet élan.