Le hautbois :

Hautbois2

A) Un peu d'histoire :

 

À partir du XIIe siècle, l'observation des enluminures des manuscrits monastiques, des tapisseries, des sculptures et des tableaux où les représentations des différents hautbois ne manquent pas, donneune idée assez précise des instruments joués suivant les circonstances et les périodes (les musettes du Cantigas de Santa Maria par exemple).

Déclinée en consort (dessus, haute-contre, taille, basse…) la chalemie, appelée aussi hautbois ancien, tournée d'une seule pièce, de perce large surtout au pavillon, donnera naissance aux discants, aux cromornes, aux ciaramellas ou aux pifferi italiens, aux dulzainas ou aux gralles catalanes, mais aussi aux bombardes, hautbois du Poitou ou autres hautbois du Languedoc… Le hautbois est également la partie de la cornemuse, du biniou, de la veuze ou de la musette de cour jouant la mélodie.

 

Naissance du hautbois baroque

À partir de 1650, les familles Hotteterre et Philidor,vont faire évoluer l'instrument, le divisant en trois parties (corps du haut, corps du bas et pavillon), affinant la perce, ajustant le trou des notes, ajoutant une clé de do grave en forme de W (permettant l'alternance de la position des mains) et une clé de mib. Abandonnant définitivement les « pirouettes » et les « capsules », ils imposent le contrôle de l'anche par les lèvres pour exprimer toutes les finesses du son
Ils sont considérés comme les créateurs du hautbois baroque.

En 1664, Jean-Baptiste Lully, surintendant de la Cour, écrit une marche pour ces nouveaux hautbois, les intègre à « La Grande Écurie du Roy » de Louis XIV, institution datant de François Ier.
De nombreux compositeurs de l'époque baroque vont écrire pour ces hautbois, hautbois d'amour, de chasse (« da caccia »4, cors anglais, tailles de hautbois et hautbois barytons . Le XVIIIe siècle siècle sera véritablement l'âge d'or du hautbois.


Le hautbois classique

Le hautbois de la période classique, du milieu du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, ne varie pas beaucoup par rapport à son prédécesseur. Pour simplifier les doigtés, particulièrement les « fourches » et les trilles, pour augmenter la tessiture (jusqu'au contre-fa) avec des recherches très empiriques, les clés deviennent progressivement plus nombreuses (do# grave, fa, sol#, clé d'octave), mais globalement, la forme et la perce restent relativement les mêmes. Il n'est d'ailleurs pas rare que les clés soient rajoutées longtemps après la fabrication de l'instrument.


Le hautbois moderne

Au début du XIXe siècle, la facture des instruments de la famille des bois subit une révolution fondamentale : Theobald Boehm invente pour la flûte traversière un système de clés et de plateaux pour boucher les différents trous. Le diamètre des trous ne dépend plus de la largeur des doigts et un plateau peut commander l'ouverture ou la fermeture de plusieurs trous. Un système de tringle pivotante, muni de ressorts plats ou en aiguille, permet d'actionner le bouchages des trous hors d'atteinte. Pour le hautbois, après quelques tâtonnements, ce sont Guillaume Triébert et ses fils Charles-Louis (professeur de hautbois au Conservatoire de Paris) et Frédéric, qui adaptent, perfectionnent et font évoluer le mécanisme, repensant également la perce. Leurs successeurs, François et Lucien Lorée, fabriquent le modèle « Conservatoire » à plateaux qui sera rapidement adopté par tous les hautboïstes.

B) Décomposition du hautbois :

Anatomie hautbois

Le hautbois contrairement au saxophone ou à la clarinette est un instrument à anche doubles (deux fines lamelles de roseau).

 Anche Hautbois

C) La tessiture du hautbois :

 

Le hautbois est un instrument non-transpositeur Bb, la partition s'écrit en clé de sol.

Le schéma ci dessous représente la tessiture du hautbois dans sa gamme étendue.
Tessiture hautbois

Tessiture hautbois