La flûte traversière :

Flute

 A) Histoire de la flûte :

La flûte traversière est l'un des plus anciens instruments de musique.
Dès l’ère paléolithique, on trouve de nombreuses traces de flûtes en os, percées ou non de trous. Parmi les plus anciennes que l’on ait découvertes, celles d’Isturitz (Pyrénées, 20 000 ans environ av. J-C).
En Chine, elle est vraisemblablement apparue vers 2700 avant J-C. On trouvait aussi des flûtes chez les Égyptiens (droite et oblique) et chez les Grecs.
Toutefois, l'évolution la plus importante dans l'histoire de la flûte moderne commence au Moyen Âge. Vers le XIIe siècle, de l’Orient (empire byzantin), en passant par l’Europe centrale, nous arrivent les flûtes traversières et les flûtes à bec. La flûte traversière est appelée flûte allemande, elle apparaît d'abord sur les terres allemandes pour, entre autre, la distinguer des autres formes de flûtes comme la flûte à bec.


La Renaissance (1500-1600) est une période au cours de laquelle les flûtes se multiplient, les premiers grands fabricants proposent une large gamme : trois membres de la famille des flûtes traversières plus le fifre, éventail qui se déploie jusqu’à neuf dans la famille des flûtes à bec et dont les dimensions vont de 10 cm à 2,64 m de longueur. On trouve aussi des familles de flageolets et de flûtes en quatre et huit pieds (en quatre pieds, c’est-à-dire sonnant à l’octave aiguë de la flûte ordinaire).
La sonorité de la flûte est pleine, douce, et se marie admirablement avec la plupart des instruments de l’époque. Toutefois, jusqu'au XIXe siècle, elle n'est pas très populaire : elle joue plutôt faux ! En effet, les trous étaient placés là où ils étaient facilement accessibles par le flûtiste et non pas là où ils rendaient le son le plus juste.

Le Baroque et le Classique (1600-1810). Pendant des années, des musiciens ont essayé d'améliorer le maniement de l'instrument mais les premières transformations majeures apportées à la flûte traversière sont dues à la famille française Hotteterre, durant la première moitié du XVIIIe siècle.
Jacques- Martin Hotteterre coupe la flûte en 3 morceaux :
                 - la tête (avec l'embouchure),
                 - le corps (qui comporte la plupart des trous) et
                 - la patte (qui conserve quelques trous).
La flûte actuelle est encore divisée en trois parties. Sa conception de la flûte, qui ajoute une clef, rend la flûte plus populaire et, dès lors, certains autres instruments suscitent moins d'intérêt, notamment la flûte à bec. Hotteterre modifie également la forme du tube pour donner un meilleur son à la flûte.
Toutes ces flûtes sont d’une sonorité plus colorée grâce à l’emploi des fourches et permettent une grande agilité. Ces instruments se répandent dans l’Europe entière. La flûte gagne peu à peu en popularité, et des compositeurs écrivent de plus en plus pour elle, notamment Telemann et Bach.
En 1720, deux clés supplémentaires sont ajoutées. Quelques années plus tard, un célèbre flûtiste, Quantz, ajoute encore une clef. Durant les quelques décennies suivantes, d'autres clefs viennent enrichir l'étendue de l'instrument. À cette période, des compositeurs composent pour la flûte, comme Mozart et François Devienne, avec de célèbres concertos et sonates.

Théobald Boehm et la flûte moderne : Au début des années 1800, un flûtiste virtuose allemand, Théobald Boehm (1794-1881) de Munich, arrive sur le devant de la scène et c'est là que la flûte évolue réellement. Dans les années 1830, il repense entièrement la structure de l'instrument. Il rétablit le corps cylindrique de la flûte et applique un ingénieux système mécanique encore utilisé de nos jours : il cherche la meilleure taille et la meilleure position pour chacun des trous et dessine des clés qui permettent de jouer de la flûte en simplifiant les doigtés. Faite de métal pour obtenir une sonorité plus brillante, l'instrument donne alors la flûte moderne, son système est rapidement utilisé partout dans le monde et appliqué à d'autres instruments de la famille des bois, comme la clarinette. Alors que les premières flûtes traversières avaient un simple trou circulaire, on constata qu'un trou ovale produisait une sonorité vibrante. La flûte actuelle est munie d'une plaque d'embouchure qui aide à diriger la colonne d'air

De nos jours,: peu de changements ont été apportés mais certains facteurs sont toujours actuellement en quête d’améliorations. Aujourd’hui, la grande flûte a 19 mm de diamètre intérieur entre 60 et 67 cm de long. Son corps cylindrique se démonte en trois parties, il est percé de seize trous.

B) Anatomie de flute :

Anatomie flute

La grande flûte se compose de trois parties séparables :

- Une tête, aussi appelée embouchure. Elle comprend une plaque percée d'un trou ovale dans lequel on souffle pour produire le son. L'extrémité supérieure de l'embouchure est fermée par un bouchon de bois ou de liège tenu entre deux plaques de métal. L'accord de l'instrument est effectué en enfonçant plus ou moins l'embouchure dans le corps ce qui a pour effet de modifier la longueur de la colonne d'air.
- Un corps qui porte des clés actionnées par les doigts. Les clés servent à boucher les trous afin de produire les différentes notes.
- Une patte qui prolonge le corps principal. La patte porte également plusieurs clés et peut être en ut ou en si. Elle est alors appelée "patte d’ut" ou "patte de si".

 C) A l'harmonie :

Dans les orchestres d'harmonie , il est courant de trouver 2 membres de la famille des flûtes. En effet on peut trouver la flûte traversière ou le piccolo (appelé aussi petite flûte).

Piccolo

Le piccolo est le plus petit instrument de la famille des flûtes. Il n'est constitué que de deux sections : la tête et le corps.

Il peut être réalisé en résine, en bois, en argent et très rarement en or.
Le piccolo est le plus aigu des instruments de l'orchestre : il sonne à l'octave supérieure de la grande flûte. il garde la même étendue que cette dernière. Capable de dominer tout un orchestre, sa sonorité perçante, voire stridente a surtout été utilisée par les symphonistes pour éclaircir les tutti d'orchestre. Ainsi, Ludwig van Beethoven l'utilisera notamment dans ses cinquième et sixième symphonies
Enfin, le piccolo tient une place importante dans les orchestres et petites formations militaires, comme dans les harmonies, où sa virtuosité (roulades) et sa sonorité remplacent un instrument traditionnel de la musique populaire et militaire : le fifre.

 

D) Tessiture de la flûte :


La flute traversière s'écrit en clé de sol en sons réel. Le schéma ci dessous représente la tessiture de la flute traversière.

tessiture flute

 

E) Tessiture du piccolo:

Le piccolo s'écrit en clé de sol en sons réel mais à un octave inférieur aux sons réels. Les schémas ci-dessous vous montre la tessiture en sons réels et lu par le musicien :

Son réels tessiture lu

    Tessiture en sons réels        

    Tessiture lue sur les partitions